Doctorama

Blog collectif sur l'expérience humaine du doctorat

Author: Armande Kra

8 mars, journée internationale de la femme

Étudiante africaine en tenue traditionnelle En Afrique, on dit souvent que la plus grande richesse d’une femme, c’est ses enfants. Encore aujourd’hui avec des amies, nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord sur le rôle de l’homme dans un foyer. Mais celui de la femme, bien que clair, nous est apparu triste. Triste, parce que devant accepter un destin tout tracé. Celui d’être une bonne épouse et une bonne mère. Peu importe la richesse qu’elle amasse, peu importe le succès professionnel, pour qu’une femme africaine ait de valeur, elle doit être une mère. Être une mère ne signifie pas forcement donner la vie. Il s’agit surtout d’élever un enfant. De lui apprendre les valeurs de la société, de l’éduquer. On a pour habitude de dire que « l’enfant qui est dans le ventre de sa mère lui appartient, mais lorsqu’il voit le jour, il devient l’enfant de tout le monde » toute la communauté devant participer à son éducation.

En ce 8 mars, je loue le courage de ces mères actrices de changement à travers le monde, qui oublient souvent leurs propres rêves pour être des mères, des épouses, des sœurs, des filles responsables et exemplaires. Merci à celles qui encore aujourd’hui se battent afin de voir respecter leurs droits, notamment, le droit à une éducation de qualité. Ce droit représente une porte ouverte en faveur du changement de mentalité. Ce droit est l’opportunité pour la femme africaine de fuir les contraintes d’un quotidien encore marqué par des années de souffrance dues à des pratiques culturelles lourdes de conséquences telles que l’excision. En cette journée dédiée à la femme, nos pensées vont à l’endroit de toutes ces femmes qui vivent dans des pays en conflit et qui prennent sur elles d’être des actrices de paix. Nous pensons aussi à toutes ces femmes du monde qui accomplissent chaque jour de petites actions à grand impact en brisant les tabous pour faire changer les choses autour d’elles.
Pour la jeune génération de femmes africaines, on ne peut que souhaiter la possibilité de bénéficier de soutien conséquent pour mener à bien des études supérieures afin de contribuer non seulement à l’éducation de la jeune génération mais aussi de participer au rayonnement de la recherche en Afrique, pour le plus grand bien du continent.

Le parcours du combattant

Faire une thèse est motivé par plusieurs raisons. Pour ma part, il s’agit d’un désir de dépassement et d’acquisition de nouvelles connaissances. Quitter son pays pour une autre destination, en l’occurrence le Canada, est un énorme chamboulement. Après avoir surmonté la tourmente de l’obtention du visa et du permis d’étude, le périple débute par une immersion dans un pays assez froid. Imaginez le choc lorsque l’on quitte son pays (la Côte d’Ivoire) avec 30 degrés de chaleur et que l’on arrive dans un autre où il en fait 60 de moins !

Les premiers pas à Québec riment avec dépaysement. Le mode de vie est  à la fois plaisant et effrayant. Plaisant parce que l’on découvre de nouvelles choses (la neige par exemple!), effrayant parce qu’il faut s’en accommoder assez rapidement. L’étranger qui cherche ses marques doit apprendre à un rythme infernal. Même le fait de débuter les cours revient à avoir en permanence un regard comparatif sur le système éducatif, le mode d’expression des gens qui nous entourent ou  la manière de travailler du professeur. Il faut donc un temps d’adaptation qui varie en durée selon les personnes. Comme le disait une de mes professeures, « c’est  être en terrain anthropologique».

Félicitations donc à ceux et celles qui sont venus à bout de ce parcours de combattant qu’est la thèse! A nous, nouveaux apprentis chercheurs, je ne peux que nous souhaiter bon courage dans la suite de nos travaux. On ne nous le dira jamais assez : « la thèse est une réflexion continue qui reste malléable jusqu’à quasi satisfaction ».

Personnellement, au delà de ma thèse en communication publique qui porte sur le réseautage des jeunes et les Organisations Internationales, j’envisage nourrir la réflexion de ce blog sur d’autres thématiques comme l’intégration, l’identité culturelle où le genre qui font bouillonner mon esprit d’africaine. Je me nomme Armande Kra, je suis juriste, spécialiste en gestion des conflits et je viens de la Côte  d’Ivoire. Je commence un doctorat au Département d’information et de communication de l’Université Laval.

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