Le 8 mars, « Journée internationale de la femme », continue d’être une belle occasion de célébrer et de reconnaître les efforts et les progrès réalisés, de fêter les actes de détermination, de distinction et de persévérance accomplis par les femmes du monde entier, et aussi de lutter contre tous les stéréotypes, et confirmer leurs droits fondamentaux.
Le titre de ce billet pose volontairement une acception qui se montre de plus en plus persistante et d’actualité, celle de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes à effectuer un doctorat. Disposant des mêmes capacités intellectuelles et rationnelles que les hommes, les femmes sont supposées faire partie de cette aventure doctorale à part égale des hommes. Or, la conception souvent connue stipule que le parcours doctoral, ardu, assez exigeant de nature et compétitif, soit vraisemblablement un univers masculin, non adapté aux femmes qui sont plus émotives et confrontées continuellement « à l’enfantement et à la maternité » et aux charges quotidiennes de la famille. Alors que les enquêtes récentes montrent une prédominance masculine au doctorat à l’opposé d’une légère augmentation du nombre des femmes titulaires d’un doctorat, faire une thèse serait-il vraiment une bonne idée pour une femme ? La position mise de l’avant par Claudine Herzlich dans « Réussir sa thèse en sciences sociales » et également d’autres sociologues, il y a un peu plus d’une décennie, n’invitait pas à changer cette réalité.

D’un point de vue personnel, et en tant que femme, le doctorat m’a permis de vivre une expérience mouvementée et de longue durée, non exempte de difficultés, de contretemps, de déboires et même de précarité financière, que peu de personnes ont la chance de la vivre au cours de leur parcours académique ou/et professionnel. Tout d’abord, il m’a permis d’approfondir une thématique inédite et multidisciplinaire en communication et sociologie que j’ai personnellement choisie sur l’usage social de l’Internet et du Web par les groupes associatifs œuvrant dans le secteur environnemental au Québec. Ensuite, de bénéficier en tant que maman, d’une certaine souplesse dans la gestion de mon temps de travail à la fois temporelle et géographique.

Faire une thèse est à mon sens, une belle expérience à vivre malgré tout. Patience, Progrès, Persévérance et discipline étaient, le sont et le seront toujours au rendez-vous pour moi. L’aventure de la thèse m’a permis d’acquérir une autonomie dans le travail de recherche et de savoir rebondir à n’importe quel obstacle ou passage à vide. C’est aussi l’opportunité de bénéficier d’un comité de direction exceptionnel (composé de femmes) qui continue de m’encourager et de soutenir mes pas malgré les longues années passées.

Faire une thèse dans le contexte nord-américain, et plus particulièrement canadien et québécois, m’a permis de réaliser un rêve et d’honorer mon pays (la Tunisie), le premier pays arabe à donner la liberté de la femme et l’équité avec l’homme. Un pays qui a non seulement assuré durant des décennies un accès obligatoire et gratuit à l’éducation et à l’enseignement à toutes et à tous mais aussi qui a exhorté et soutenu financièrement ses lauréats (à majorité féminins) à faire des études doctorales dans divers domaines études à l’international.
Alors, permettez-moi, chères femmes du monde entier, de vous souhaiter une bonne et joyeuse fête et de féliciter toutes celles qui ont su relever les défis et qui continuent à le faire. La thèse, c’est bientôt finie ! Alors allez de l’avant et ne lâchez surtout pas !
Et pour finir, comme le dit Victor Hugo : « Quand tout se fait petit, femmes, vous restez grandes.  » (Extrait de Châtiments).

Ghada Touir. Doctorante en Communication et Sociologie à l’Université Laval.